De
la danse à la gym...
« Je sautais partout dans la maison et comme je
m’ennuyais à la danse, mes parents ont décidé de m’inscrire
à la gym, au club de Nanterre, là où mes parents habitent encore.
Ils ont un peu pratiqué la gym, c’est même dans une salle qu’ils
se sont rencontrés ! J’avais sept ans et je dois dire que je
ne me souviens pas précisément de mes débuts. Mais dès la fin
de la première année, je faisais partie du groupe compétition.
En plus des entraînements en soirée, il y avait une séance le
samedi, soit déjà près de 10h de gym par semaine. »
Premiers pas à Nanterre
Les nombreux allers-retours vers la salle de gym sont assurés
par des grands-parents bienveillants qui habitent en face d’Isabelle
et Gilles, les parents de la future championne. C’est Bob Cariseti
qui guidera les premiers mouvements d’Emilie née en 1987, onze
ans après la prestation de la Roumaine Nadia Comaneci qui a
tant marqué les esprits et encouragé les gamines à s’essayer
aux agrès. « Je n’avais pas de modèles, pas de posters
dans ma chambre. Je manquais de références surtout parce que
la gym passe trop rarement à la télévision. »
Les
premiers succès
En 1999, Emilie commence à se faire un nom. Elle termine 1ère
des championnat de France FSGT (elle était 3ème en 1998). A
onze ans, son destin de championne se joue avec l’arrivée d’un
nouvel entraîneur Cécile Gagnevin à Nanterre. «
Elle connaissait la filière sports - études et elle m’a permis
d’effectuer un test à Franconville.» Le test est
concluant mais Emilie préfère différer son entrée pour effectuer
sa sixième au collège de Nanterre. Mais l’année suivante – en
1999 -, le sports-études de Franconville fermera ses portes
et c’est ainsi qu’Emilie intégra le pôle espoirs de Créteil
pour faire son entrée en classe de 5ème.
Des heures dans les transports
« Je dormais en famille d’accueil à Lognes. Il s’agissait
des parents d’une gymnaste de Créteil. » Après
un trimestre, elle décide de réintégrer la cellule familiale
à Nanterre, à l’opposé de Créteil. « J’avais besoin
de rentrer chez moi tous les soirs. Dès que je me suis mieux
sentie dans la tête j’ai commencé à mieux m’entraîner. »
Les parents Le Pennec sont, comme tous parents, extrêmement
attentifs au bien-être de leur progéniture. Le papa, Gilles,
effectue un détour chaque matin pour déposer sa fille à Créteil.
Le soir, c’est la maman, Isabelle, qui court à la sortie de
son travail pour attendre Emilie à la fin de l"entraînement à Créteil. Isabelle
Le Pennec renonce bientôt à son emploi car en plus d’Emilie,
le petit frère, de quatre ans son cadet, mérite aussi toutes
les attentions. Les entraînements deviennent plus intensifs
et Emilie s’entraîne aussi tous les jours au club de
Créteil où elle est aujourd’hui toujours licenciée.
De
Créteil à l’Insep
Sous les ordres de Laurent Daguin, Emilie poursuit sa progression
et affine ses mouvements. Ces deux années passées au Pôle France
de Créteil s’achèvent avec bientôt la perspective d’intégrer
l’Insep, la fabrique à champions. Au cours de l’été 2001, Emilie
participe à un regroupement national au Puy en Velay. Ce stage
marque le début de l’aventure sous les couleurs de l’équipe
de France. Surtout, c’est la porte d’entrée pour l’Insep où
Emilie effectuera sa rentrée en classe de troisième. Les allers-retours
avec le domicile familial ne sont pas pour autant terminés.
« J’ai d’abord été demi-pensionnaire… Je n’aime pas trop le
changement », précise Emilie.
La découverte du haut Niveau
Avec 30 heures d’entraînement gymnique et 20 heures de cours
scolaires, l’emploi du temps d’Emilie se densifie. Sous les
ordres de Yves Kieffer, elle intègre le collectif France Junior.
Six mois après son entrée à l’Insep, elle obtient sa 1ère sélection
en équipe de France lors d’un match amical où elle prend la
première place. Ce sont les stages et les premiers voyages à
l’étranger qui vont propulser l’adolescente sur le devant la
scène.
Première
épreuve internationale et première médaille d’or
Sélectionnée pour les championnats d’Europe juniors à l’été
2002, Emilie est finaliste (sol, barres et poutre) et surtout,
elle remporte la médaille de bronze par équipe, première consécration
internationale. Dès lors, Emilie s’entraîne avec la perspective
de disputer les Jeux Olympiques d’Athènes. Elle enchaîne les
épreuves et confirme ses dispositions : elle remporte plusieurs
médailles d’or en 2003. Au Massilia et au tournoi international
de Stuttgart, elle démontre sas maîtrise des mouvements sur
les barres asymétriques. Mais pas seulement puisque Emilie monte
sur le podium à plusieurs reprises, par équipe, au concours
général et à la poutre !
Qualifiée pour les J.O.
Emilie s’envole aussi pour la Californie en juillet 2003. «
C’est vraiment là que j’ai découvert le haut niveau mondial.
Les Chinoises et les Américaines étaient vraiment impressionnantes
avec une gym plus physique. Elles donnaient l’impression d’avoir
une grosse confiance. » Cette année 2003 est très
importante pour le collectif France qui obtient une dixième
place aux mondiaux, un rang synonyme de qualification directe
aux Jeux Olympiques d’Athènes. Sur ces Mondiaux d’Anaheim aux
USA, Emilie décroche une superbe cinquième place au sol. «
Après je me suis blessée, en même temps que ma copine Camille
Schmutz avec laquelle j’ai fait les Jeux. Pendant toute la préparation,
on partageait la chambre à l’Insep et c’est incroyable car on
s’est blessées en même temps, au pré-olympique. »
Athènes,
la récompense suprême
Les mois qui suivent son consacrés à la préparation du rendez-vous
le plus important dans une carrière sportive : les Jeux Olympiques.
Emilie participe à quelques épreuves et s’affirme comme une
prétendante au titre olympique aux barres asymétriques. A 16
ans, Emilie réalise une prestation supérieure à ses adversaires
dans l’antre d’Athènes. Médaille d’or autour du cou et couronne
de feuilles d’olivier, elle est la plus jeune médaillée de la
délégation tricolore à Athènes. Elle devient aussi la première
française championne olympique de gymnastique. Une distinction
qui ne lui fait pas tourner la tête. Huit mois après, elle confirme
sa suprématie sur les barres et remportant le titre européen.
Entre temps, la jeune fille a bouclé son année de 1ère au lycée
de l’Insep et doit passer son bac à l’aube de l’été 2006.
Une année 2006 délicate...
Blessée à la clavicule (un épanchement et une fissure sterno claviculaire) qui l’empêche de s’entraîner et de maintenir sa domination aux barres, Emilie obtient son bac avec mention et reprend l’entraînement en septembre. Emilie est devenue une jeune femme et décide de son avenir : elle poursuivra sa carrière au moins jusqu’aux Jeux Olympiques de Pékin en menant ses études de Kinésithérapie. |